Ce sont les enquêteurs de l’OFAST, l’Office antistupéfiants, qui ont mené l’opération. Une traque méthodique et patiente, commencée bien loin de la Lorraine. Le 26 décembre, à l’aéroport Charles-de-Gaulle, les douanes interceptent des palettes en provenance du Mexique. À l’intérieur se trouve la drogue de synthèse la plus redoutée, la crystal meth. Plutôt que d’intervenir immédiatement, les autorités décident de suivre la piste et de laisser filer la marchandise afin de remonter la chaîne.
Le convoi est discrètement surveillé jusqu’à Pont-à-Mousson. C’est là, jeudi dernier, que le piège se referme. Dans le hangar, les policiers de l’OFAST mettent la main sur les 207 kilos de méthamphétamine. Une saisie rare sur le territoire français, souligne le parquet de Paris, qui rappelle le caractère extrêmement dangereux de ce produit et les ravages qu’il provoque.
Sur place, trois hommes sont interpellés. Aussitôt placés en garde à vue à Nanterre, au siège de l’Office antistupéfiants, ils sont mis en examen. Deux sont incarcérés en détention provisoire. Le troisième est placé sous contrôle judiciaire. Une décision dont le parquet de Paris a immédiatement fait appel, précise le cabinet de Laure Beccuau, procureure de la République.
Selon les informations recueillies, l’un des suspects serait originaire de Lorraine, plus précisément de Boulange, près de Thionville. Mais au-delà des identités locales, c’est une piste bien plus large que les enquêteurs explorent désormais. Celle d’une connexion directe entre narcotrafiquants français et un gang mexicain. Une hypothèse prise suffisamment au sérieux pour que l’enquête soit confiée aux juges d’instruction de la JIRS de Paris, juridiction spécialisée dans la criminalité organisée.
L’affaire ne fait sans doute que commencer. Derrière ces palettes venues du Mexique, c’est peut-être tout un réseau international qui commence à émerger de l’ombre.

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