Le samedi 9 mai 2026, il est environ 1h00 du matin, la nuit s’est abattue sur Blénod‑lès‑Pont‑à‑Mousson comme une bête affamée.
Elle a glissé entre les maisons, s’est lovée dans les interstices des volets, a étouffé les dernières lueurs du jour. Et dans cette obscurité compacte, un drame s’est ouvert, brutal, irrévocable : un père a tiré sur ses deux enfants avant de retourner l’arme contre lui.
L’un, 7 ans, a été arraché au monde.
L’autre, 16 ans, a vacillé sur le fil fragile qui sépare les vivants des ombres.
![]() |
| La police et les secours sur les lieux du drame |
La rue du Saule, ce couloir banal menant vers Jezainville, est devenue cette nuit‑là un théâtre silencieux où la tragédie s’est jouée sans témoin. L’infanticide s’est noué derrière des murs ordinaires, comme si la normalité elle‑même avait été trahie. L’enquête commence à peine, mais déjà, des fragments émergent, des éclats de vérité qui semblent suinter d’un gouffre intérieur.
On dit que le père avait laissé une lettre. Quelques mots adressés à ses enfants, une promesse dévoyée : bientôt, tous trois rejoindraient le ciel.
Ce soir‑là, il leur avait donné des somnifères.
Le plus jeune s’est endormi, paisible, inconscient du précipice qui s’ouvrait sous ses pieds.
L’aîné, lui, a résisté. Troublé par les pas nerveux de son père qui arpentaient le couloir comme un homme hanté, il est sorti de sa chambre. Alors, le père a tiré.
La balle a frappé le jeune homme au poumon. Dans un instinct de survie presque animal, il s’est réfugié dans sa chambre, s’y est enfermé, respirant dans la douleur comme on respire dans un monde qui s’effondre. Quelques minutes plus tard, deux détonations ont retenti, lourdes, définitives, comme des coups portés au cœur même de la nuit.
Le père venait d’abattre son enfant de 7 ans.
Puis il s’est donné la mort.
Les cris de l’aîné ont traversé les murs, ont lacéré le silence, ont alerté les voisins. Les secours et la police ont été appelés. L’adolescent a été transporté aux urgences pédiatriques de l’hôpital de Brabois, son pronostic vital engagé.
Ce dimanche après‑midi, les médecins affirment que sa vie n’est plus en danger. L’opération, menée dans l’urgence, se serait déroulée avec succès. Son état évoluerait positivement.
Le plus jeune, élève de l’école Louis‑Aragon de Blénod, n’aura jamais cette chance.
Tout cela s’inscrit dans un contexte de séparation. Le père avait eu ses deux enfants avec deux femmes différentes. La mère du plus jeune, celui qui a perdu la vie, n’était pas présente lors du drame.
Selon le procureur adjoint de la République de Nancy, Amaury Lacôte, les parents de l’enfant décédé étaient séparés depuis la mi‑avril.
Une enquête de flagrance pour homicide volontaire sur mineur de 15 ans et tentative d’assassinat a été ouverte. Elle est confiée au commissariat de Pont‑à‑Mousson, où les enquêteurs avancent désormais dans un récit brisé, tentant de comprendre comment une nuit ordinaire a pu se transformer en gouffre.


Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire