À Pont‑à‑Mousson, on a décidé que la ville n’était pas un terrain d’entraînement pour apprentis pollueurs. Les mégots jetés au trottoir, les sacs‑poubelle abandonnés comme des offrandes douteuses, les pneus et les vieux canapés déposés dans les chemins isolés…
tout cela commence à coûter cher. Le conseil municipal, réuni mercredi soir, a instauré une amende administrative pouvant grimper jusqu’à 750 euros pour les particuliers, et même 1 500 euros pour les professionnels pris en flagrant délit. Une manière élégante de rappeler que la nature n’a pas demandé à devenir la déchetterie du coin.Les élus ont constaté une recrudescence des dépôts sauvages. Résultat, trois niveaux de sanctions ont été mis en place. Pour les petits déchets, comme un sac‑poubelle, une canette, des emballages ou les fameuses déjections canines que certains laissent comme signature artistique, l’amende est de 150 euros. Pour les dépôts un peu plus ambitieux, comme plusieurs sacs ou des cartons éparpillés, on passe à 250 euros. Et pour les champions du mobilier abandonné, des gravats, de l’électroménager ou des pneus, la note monte à 750 euros. En cas de récidive, tout est doublé. Une façon de dire que la ville n’est pas un jeu vidéo où l’on peut respawner ses déchets à volonté.
L’opposition a soutenu le principe, mais plusieurs élus ont rappelé que punir ne suffit pas. Jennifer Bohrer‑Barreau a pointé les difficultés de collecte dans certains quartiers, les sacs éventrés par les animaux, et le besoin d’expliquer correctement l’usage des sacs rouges réglementaires. Parce que oui, même les sacs ont des règles, et les habitants doivent les connaître pour éviter que les renards ou les corbeaux ne transforment les trottoirs en buffet à ciel ouvert.
Matthieu Jacquot s’est demandé si les amendes seraient vraiment dissuasives pour les professionnels, ceux qui déposent des déchets de chantier comme si la forêt avait besoin d’un nouveau décor. Le maire, Henry Lemoine, a précisé qu’un professionnel surpris avec son véhicule d’entreprise serait verbalisé à hauteur de 1 500 euros. Une somme qui rappelle que la pollution n’est pas un service après‑vente.
Pour que tout cela fonctionne, la municipalité va renforcer la police municipale. Le recrutement d’un brigadier‑chef est confirmé, et un second renfort est envisagé. Avec quatre agents, deux équipages pourront patrouiller et passer moins de temps derrière un bureau. Une présence accrue qui permettra de repérer les auteurs de dépôts sauvages, mais aussi de mener des actions de prévention. Parce qu’au fond, l’objectif est simple : rappeler que respecter son environnement, c’est respecter les autres. Et que la planète, déjà bien fatiguée, n’a pas besoin qu’on lui rajoute des sacs‑poubelle en guise de décoration.


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